Vendredi 16 mai 2008, 16 heures Nous arrivons à Page, plus exactement à l’aéroport municipal. Nous avions [c’est le cas de le dire…] la possibilité de choisir une option supplémentaire… que nous allons apprécier à juste titre. Si vous passez dans le coin, vous n’avez pas intérêt à louper ça. C’est fa-bu-leux. A ce stade du circuit, nous avons pourtant déjà eu de nombreuses occasions d’être émerveillés – ne serait-ce qu’aujourd’hui, avec Monument Valley – mais là, vraiment, vraiment, c’est l’apothéose [n’ayons pas peur des mots] !
Glen Canyon – le Colorado – Horseshoe Bend
Je sais, je sais, je suis dur ! Il y en a – je ne les nommerais pas, mais suivez mon regard – qui vont regretter amèrement, et ce n’est pas faute d’avoir essayé de les convaincre ! De quoi s’agit-il ? Bon, vous avez sans doute triché un peu, mais je ne vais pas vous le reprocher. Si vous avez déjà regardé les photos, vous avez remarqué de splendides vues aériennes du lac Powell. Alors, pour ceux qui n’y étaient pas, ou qui ont envie d’y aller, je vous raconte.Il y a la petite ville de Page, à l’extrême nord de l’Arizona, non loin du fleuve Colorado. Et il y a l’essentiel d’un lac, qui s’étend principalement sur le territoire voisin de l’Utah. Powell, vous connaissez déjà : c’est ce fameux major, prénommé John Wesley, géologue et vétéran manchot de la guerre de Sécession qui a exploré en 1869 le bassin du Colorado.On a donc donné son nom au lac qui est une splendeur née de l’intervention humaine (une fois n’est pas coutume !).
Glen Canyon Dam – le barrage sur le Colorado
Il y a tout juste une cinquantaine d’années, en 1957, que la construction d’un barrage a été décidée pour réguler le cours impétueux du fleuve (1). Et cela a donné naissance à ce lac de retenue majestueux.Imaginez plutôt :
  • le barrage de Glen Canyon, commencé en 1957, fut achevé en 1966
  • il a fallu 17 ans pour que l’eau atteigne la cote maximum
  • le lac fait quelques 300 kilomètres de long
  • les innombrables criques totalisent plus de 3 500 kilomètres de rives, je dis bien trois mille cinq cents kilomètres !
  • rempli, il est profond de 170 mètres et couvre 65 000 hectares
  • il contient plus de 35 milliards de mètres cubes d’eau
  • avant la construction du pont, il fallait faire plus de 300 kilomètres pour passer d’une rive à l’autre
  • près de 200 espèces d’oiseaux fréquentent les bords du lac
  • on y dénombre également 700 espèces de plantes, 20 reptiles, 80 mammifères, 8 amphibiens et 14 espèces de poissons
  • le paysage, dépourvu de grands arbres, est tout de même extraordinaire, avec ses falaises roses, rouges, orangées, beiges, blanches ou ocres, plongeant dans toute la gamme des bleu, turquoise, émeraude et vert de l’eau, avec ses recoins secrets enserrés dans les nombreux plis du relief.
Glen Canyon – le Lac Powell et ses nombreuses criques
Le lac Powell dégage une atmosphère à la fois envoûtante, impressionnante, sauvage. Il n’est pas faux de dire que c’est un exemple sans aucun doute unique au monde d’une beauté naturelle rehaussée par la main de l’homme !Avant la construction du barrage, la polémique faisait rage du côté des amis de la nature. Et pourtant on ne défendait pas les Navajos à qui cette terre appartenait. Et on était loin de se douter alors du formidable attrait touristique que cela allait engendrer.Il y a donc aujourd’hui toutes les activités nautiques possibles et imaginables sur le lac, mais également des survols en avion de la région.En 1956, Page n’était qu’un simple campement pour loger les milliers d’ouvriers occupés à la construction du barrage. C’est une petite ville très particulière, qui n’a commencé à exister vraiment qu’en 1975. C’est aussi une ville qui ne compte pas moins de – si je n’en ai pas oublié – 13 églises de 13 religions différentes ! Et la plupart sont alignées du même côté sud, le long de Lake Powell Boulevard.Mais pourquoi toutes ces églises dans une si petite ville, me direz-vous ? Hervé nous l’a expliqué. Pour ceux qui dormaient [bon, pas de noms entre nous !] : la construction d’un tel barrage nécessite des tonnes de béton, et à certains moments, pour diverses raisons, il y en a trop, et on ne peut pas le jeter ! Et comme les ouvriers étaient de toutes origines, donc de nombreuses religions différentes, on les avait autorisés à utiliser l’excédent de béton en leur cédant un terrain…
Glen Canyon – le Lac Powell
Voilà quelques photos pour illustrer l’article, n’hésitez pas à cliquer pour les agrandir…Une fois encore, je me rends compte que ces photos ne peuvent pas rendre totalement ce que nous avons vu. Ce n’est en fait qu’un tout petit échantillon de ce que nous avons pris dans les yeux et qui fait maintenant partie de nos meilleurs souvenirs. Le seul moyen, c’est vraiment de s’y rendre. J’espère que ce récit vous en donnera envie !
(1) et maintenant on se rend compte que le débit du Colorado n’est plus assez important, puisqu’on est obligé d’inonder artificiellement le Grand Canyon en aval pour tenter de reproduire les conditions de reproduction des espèces de poissons endémiques qui existaient avant la construction du barrage en 1963.

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