Mardi 20 mai 2008, fin d’après-midi

Le temps passe toujours aussi vite, plus vite encore quand on est dans un pays aussi vaste, et que l’on pourrait voir tellement de choses. Bon, mais on peut toujours le dire comme on veut, les journées ne feront jamais plus de 24 heures.
En cette fin d’après-midi, je vous donne donc les données du problème [même si ça n’en est pas un !] : il est 16h30, nous logeons ce soir à Merced, à 220 kilomètres d’ici. Comme il y a du monde sur la route, on va compter entre 2 heures et demie et 3 heures. Et on ne va pas oublier d’ajouter une petite heure, pour la pause repas. Si tout va bien, nous devrions y être tout juste avant la nuit.

Ok, everybody, ready, go !

En attendant, comme vous commencez à me connaître, et pour vous faire patienter, je vais vous parler un peu pendant le trajet, en vous donnant en prime quelques chiffres, pour ceux que ça intéresse.
En quittant Dolores Street, prenons à gauche sur la 17th Street. J’ai cru remarquer qu’à San Francisco, les rues qui vont d’ouest en est sont numérotées de la 1st (pour la première, la plus au nord, en bas de Market Street) jusqu’à la 30th. Là, je vous le fais en version très résumée, car il y a quelques exceptions de parcours comme la 3rd qui se prolonge ensuite vers le sud. San Francisco n’est pas une ville très étendue, mais il vaut mieux consulter le plan de temps en temps pour savoir où on va… N’allez pas m’accuser de vous perdre !

Au passage, on admire toutes sortes de maisons, de style vraiment typique, et toujours très colorées. Mais faites moi penser d’en reparler plus tard.

San Francisco – Maisons typiques sur Church Street

Nous arrivons maintenant, via 7th Street, sur Bryant Street, d’où l’on peut accéder à l’I-80, James Lick Freeway au départ, qui n’est autre que l’embranchement du fameux Bay Bridge, à deux niveaux, de cinq voies chacun. En sortant de San Francisco, nous sommes sur l’étage inférieur. Sur la gauche, on a une belle vue sur les buildings du centre financier.

On aperçoit également, encore en construction en mai 2008, le complexe résidentiel des deux tours The Infinity. En avril 2005, en commençant à creuser pour les fondations, on a trouvé à seulement 6 mètres un baleinier construit en 1818, The Candace. On a estimé qu’il avait servi vers 1849 au moment de la ruée vers l’or. On me dit qu’il n’y en avait plus une once dans ses cales. Pour être honnête avec vous, je vous avoue ne pas en être certain, je n’y étais pas en 2005… Dommage !

The Infinity II, du haut de ses 137 mètres et 41 étages devient le 29ème plus grand bâtiment de la ville. Alors que The Infinity I ne fait « que » 107 mètres et 37 étages. Il faut reconnaître qu’ils ont de l’allure !

Bay Bridge, vue sur The Infinity I & II (en construction)

On reste dans les chiffres… Le San Francisco-Oakland Bay Bridge, qu’on appelle également et plus simplement Bay Bridge, fait 7 kilomètres, avec les accès et le tunnel central. Il est composé de deux parties différentes, de part et d’autre de l’île de Yerba Buena. La première part de SF et fait 2 820 mètres. Elle est composée de deux ponts suspendus reposant sur un pilier central. La deuxième, de 3 100 mètres jusqu’à Oakland, est de type pont à poutres cantilever. Il a été terminé en novembre 1936, quelques mois seulement avant l’autre pont célèbre de la ville, le Golden Gate.

Également en cours de construction, du côté d’Oakland, et pour quelques années encore, le nouveau pont qui va remplacer toute la partie est, pour la mettre aux normes sismiques. Pour tout savoir, depuis l’histoire de la construction dans les années 1930 jusqu’à l’avancement des travaux en cours, n’hésitez pas à visiter ce site (c’est en américain, certes, mais les images parlent d’elles-mêmes, et c’est assez impressionnant !).

La partie ouest du Bay Bridge

A la sortie du Bay Bridge, nous poursuivons vers l’est sur l’I-580, le long de la grande agglomération d’Oakland. C’est la troisième ville (400 000 habitants) la plus peuplée de la région urbaine de San Francisco, après San Jose, au sud de la baie, (950 000 habitants) et San Francisco (800 000 habitants).

A environ une heure de San Francisco, l’Interstate 580 traverse Altamont Pass. A cet endroit se trouvent de véritables champs d’éoliennes qui ne passent évidemment pas inaperçues. Jugez-en plutôt : ce parc éolien de 4 800 machines de modèles différents développe environ 550 000 kW ! Dès les années 1980, la Californie a été la pionnière dans la production d’énergies renouvelables avec l’implantation de plusieurs parcs éoliens. Altamont Pass représente d’ailleurs la plus grande concentration d’éoliennes du monde.

Quelques unes des 4 800 éoliennes d’Altamont Pass…

A la hauteur de Stockton, la route CA-99 oblique vers le sud-est. Nous sommes dans la vallée de San Joaquin. On considère à juste titre toute cette vallée comme l’un des greniers du pays. Elle produit en effet la moitié des fruits et légumes et 90 % des amandes, artichauts, avocats et tomates des États-Unis. Les amandes sont même le premier produit d’exportation agricole mondiale de la Californie avec près de 80 %.

Toutes les nuances de vert sont dans la nature…

Arrêt à Modesto, dans un self-service très accueillant. Après ce que je viens de dire, cela doit être normal, ici, mais je suis malgré tout impressionné par le nombre de sortes de salades différentes qui nous est proposé, ne serait-ce qu’au niveau des salades vertes. sans parler de tout le reste, et bien sûr, toujours à volonté. Par contre, pas de surprise, il me semble bien que, parmi les choix possibles pour le plat principal, il y avait ce soir du poulet rôti. De toutes façons, c’est souvent ce qu’on préfère, tout simplement parce que, au moins, on reconnaît visuellement et très rapidement ce que c’est. Dans la plupart des autres cas, on ne sait pas toujours très bien ce qui se cache sous les sauces diverses, ni ce qu’il y a en définitive dans les plats ou dans nos assiettes. Toujours est-il que c’était très bien et très bon.

L’adresse ? aucune idée, j’ai oublié de noter. Modesto est une ville-dortoir, une ville de passage, à l’origine un arrêt sur la voie ferrée Sacramento – Los Angeles, et les adresses ne manquent pas pour se restaurer…

La ville fondée en 1870 par un certain Ralston devait porter son nom, comme souvent ici. Mais comme il n’y tenait pas vraiment, les ouvriers ferroviaires ont dit que Ralston était Muy Modesto, très modeste. Et le nom est resté !

Ce sera tout pour aujourd’hui, il nous reste à peine 70 kilomètres pour rejoindre par la même route, à Merced, l’hôtel Ramada Inn.

Et c’est la tête encore pleine de toutes les belles images accumulées ce jour, depuis l’envol, ce matin de Las Vegas, (c’était ce matin ?), que nous nous endormons en pensant que demain nous serons au vert. Cela va vraiment nous changer de toutes ces grandes concentrations et constructions urbaines. Et pourtant en terme de hauteur, nous n’allons pas y perdre : il faudra lever la tête, aussi, croyez-moi.

Promis, pas question cette fois de gratte-ciel !

Mais demain est un autre jour…

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