Mardi 20 mai 2008, 15 heures 30

Bon, avant de continuer, je tiens à vous rassurer, que les choses soient bien claires entre nous : il n’y a pas souvent de tremblements de terre aussi graves à San Francisco. La preuve, je n’ai rien remarqué pendant que nous y étions…

Sans rire, si je tenais à en parler, précisément ce 18 avril, ce n’était pas pour vous inquiéter. Il faut savoir que chaque année, à 5h12, les familles des victimes se retrouvent devant la Lotta’s Fountain, sur Market Street, lieu où les survivants s’étaient spontanément rassemblés pour retrouver leurs proches après la catastrophe. Cette fontaine avait été offerte en 1875 à la ville par l’actrice Lotta Crabtree. Bien entendu, en 2006, pour commémorer le 100ème anniversaire, des milliers de personnes étaient présentes, dont une douzaine de survivants. Après une minute de silence, des sirènes ont retenti, les cloches des églises ont sonné et une calèche de pompiers tirée par quatre chevaux a parcouru Market Street jusqu’à la fontaine.

Vue sur Alcatraz, depuis Hyde Street

Mais, pour l’heure, pas d’inquiétude à avoir, nous sommes dans le bus, sur Van Ness. C’est une grande avenue qui porte le nom du maire de la ville en 1856, James Van Ness. Cette artère traverse la ville du nord au sud, depuis la baie, jusque Cesar Chavez Street. Si je vous précise que ça monte, que ça descend, et que ce n’est bien entendu pas la seule rue dans ce cas, vous ne serez absolument pas étonnés, parce que tout le monde le sait déjà !

Il y a un proverbe qui dit, parait-il : « Quand vous êtes fatigué de marcher sur San Francisco, appuyez-vous sur elle. » La ville est bâtie sur plus d’une quarantaine de collines, hautes de 60 à 275 mètres. Les rues les plus pentues se trouvent vers Russian Hill et Nob Hill, quartiers que nous longeons précisément, ainsi que Pacific Heights. De véritables montagnes russes…

Vue sur Bay Bridge, depuis le Cable Car dans la descente de California Street

Un exemple, Filbert Street, grimpe depuis Van Ness jusqu’à son croisement avec Hyde Street, puis redescend vers Leavenworth Street avec plus de 31% de dénivellation. Un autre exemple, 22nd Street, entre Vicksburg Street et Church Street. Ce sont les deux portions les plus raides.

Et attention, pour se garer dans les rues en pentes de SF, si le stationnement n’a pas été prévu perpendiculairement au trottoir, on doit bien serrer les freins (si, si, je n’invente rien), mais surtout obligatoirement tourner les roues vers le trottoir, sous peine d’amende.

Van Ness Ave / Filbert St : attention à la descente, en arrivant en haut !

Et ne croyez surtout pas que vous aurez priorité en arrivant en bas de la pente. A tous les croisements, chacune des rues comporte un panneau Stop. Bon, alors, me direz-vous, qui passe ? Et bien tout simplement, c’est dans l’ordre d’arrivée. De toute façon, mieux vaut éviter de prendre la voiture, je crois pouvoir vous dire qu’il y a peu de place pour se garer !

La ville, comme beaucoup d’autres, a un plan en damier. En urbanisme, on appelle cela un plan hippodamien, ou hippodaméen [et là, j’avoue, je ne le savais pas, il y a encore deux minutes]. Si vous voulez tout savoir, Hippodamos était un architecte grec.

Bien sûr, ce type de plan ne tient absolument pas compte de la topographie des lieux. Mais l’inconvénient de la forte pente des rues de San Francisco, qui en est l’exemple le plus célèbre, constitue pourtant un des charmes de cette ville.

Dans le Cable Car pendant la descente de California Street

Alors, les rues de San Francisco, vous connaissiez, il n’y a aucun doute. Pour certains, cela évoque une série télévisée américaine qui est passée en France dans les années 1970. Cette série mettait en scène les enquêtes de Mike Stone (Karl Malden), vétéran de la police de San Francisco avec 23 années de service. Son coéquipier, le jeune et impétueux Steve Keller (Michael Douglas, dans les quatre premières saisons), qui, sorti détective assistant de l’école de police, devait faire ses preuves sur le terrain. Entre 1972 et 1977, il y eut pas moins de 121 épisodes, et cela a contribué largement à faire connaître San Francisco et… le jeune Michael Douglas.

Jones Street, vue depuis California Street

Je ne vais pas vous citer tous les films qui ont été tournés à San Francisco. Quelques-uns sont listés sur Wikipédia. Au hasard, parmi les derniers en date que vous vous avez vus : Et si c’était vrai…, À la recherche du bonheur, Zodiac ou Harvey Milk.

Mais je ne peux pas passer sous silence la célèbre course-poursuite en voiture dans Bullitt. Ce lieutenant de police interprété par Steve McQueen dans ce film éponyme, policier américain sorti en 1968. Oui, je sais, ça date aussi quelque peu pour les plus jeunes. Mais c’est vraiment devenu un grand classique dans l’histoire du cinéma, et même une des scènes les plus réalistes qui soient, grâce à un positionnement judicieux des prises de vue, bien plus saisissant que l’utilisation de trucages ou d’images de synthèse, en définitive.

Et quand on sait que la poursuite entre Franck Bullitt, au volant de sa Ford Mustang Fastback et les tueurs à gage au volant de leur Dodge a été tournée véritablement dans les rues mêmes de San Francisco, ça ajoute encore au réalisme, non ? Souvenez-vous, la course-poursuite entre les deux voitures où poursuivants deviennent bien vite poursuivis, dure tout de même 10 minutes, pour finir un peu brusquement dans une station service…

Je vous laisse (re)découvrir cette petite séquence d’anthologie filmée il y a 40 ans. Mais je tiens à vous assurer qu’en ce qui nous concerne, notre chauffeur de bus, Ariel a manié son véhicule avec dextérité, certes, mais tout de même (beaucoup) plus calmement. Cela m’a d’ailleurs laissé le temps de prendre quelques photos pendant toute la durée du trajet. Et puis également cela nous a préparé à la quiétude des lieux que nous allons visiter dans quelques instants.

Arrivée à bon port, sur Dolores Street, et sans l’aide de DHL !

Une demie heure a suffi pour parcourir environ 8 kilomètres, mais n’oubliez pas, ça grimpe.

Juste après l’intersection entre la 16th et Dolores Street, nous sommes arrivés à destination, et DHL n’y est pour rien ! Allez, tout le monde descend.

Message spécial, aujourd’hui, à l’attention de Stéphane (MrOizo) :
« Je te souhaite un très heureux anniversaire, mon grand ! »

Cet article a 2 commentaires

  1. Oui, j'espère pour vous, que cela n'a pas été aussi mouvementé …. mais très bonne idée pour un apperçu de cette ville si typique ….

    Dan

    1. Bonsoir Dan',
      Non, rassure-toi, nous n'avons pas eu droit à une course poursuite !
      Mais cela reste tout de même très impressionnant !
      Merci de ton passage !

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