Jeudi 22 mai 2008, début de matinée

Ce matin, nous ouvrons les yeux à 7h45. Presque la grasse matinée ! Et encore, le réveil était prévu une heure plus tard… Mais bon, il faut s’organiser.

Après s’être douchés et habillés, nous descendons déjeuner. Et nous ne sommes pas tout à fait les premiers. Nous échangeons nos impressions sur la surprise de la veille au soir qui en a enchanté plus d’un(e)s. Et à propos de la dernière nuit, autant que je me souvienne, il semble bien que tout le monde a bien dormi. Euh, il était temps, non ? Pas de train, pas de climatiseur, pas d’autoroute ou autres nuisances sonores à proximité… Le calme ! Une adresse à retenir, et en prime, c’est en plein centre ville.

Célèbre carte postale Postcard Row avec les non moins célèbres Painted Ladies, également nommées Seven Sisters

Et aujourd’hui, il faut penser à apporter un soin particulier en préparant les valises pour la dernière fois : il convient de répartir correctement les charges pour passer à l’enregistrement sans problème. Une fois prêts, nous nous rendons dans le hall, où le rendez-vous pour le départ a été fixé à 9h30.

Au programme de cette matinée ensoleillée, un tour de ville, car je crois savoir qu’il y a encore quelques endroits intéressants à visiter avant de quitter les lieux. C’est bon, les derniers arrivent enfin. Ils avaient prolongé la visite de San Francisco by night, et il semble bien que la nuit a été courte pour eux. Oui, oui, j’ai les noms, mais je ne dis rien, car, après tout, c’était bien le dernier moment pour en profiter. Everybody ! C’est reparti.

Cet alignement, 710-722 Steiner Street, a survécu à l’incendie 
qui a ravagé la ville suite au séisme de 1906 ainsi qu’aux promoteurs qui voulaient les démolir

Vous le savez maintenant, j’évite de vous perdre en route. Accessoirement, cela vous permet de venir lire régulièrement la suite de nos aventures, ce qui n’est pas neutre pour moi, car cela m’encourage à continuer. Si vous voulez, vous pouvez donc suivre sur le plan. En fait, c’est tout simple et c’est à cinq minutes d’ici.

Il faut descendre Polk Street jusqu’à l’hôtel de ville, situé Civic Center Plaza. Vous ne pouvez pas le louper ! Souvenez-vous : en 1906, le tremblement de terre avait dévasté de nombreux bâtiments dont l’hôtel de ville qui a été reconstruit en 1915 sur le modèle de la basilique Saint-Pierre de Rome. C’est le plus vaste City Hall des États-Unis avec une surface de 46 000 m².

De conception monumentale et grandiose, son style de pur néoclassicisme est qualifié de « Beaux-Arts », comme par exemple de nombreux édifices publics à Paris et aux États-Unis. Son dôme, le cinquième plus grand du monde, imite d’ailleurs celui des Invalides à Paris. Il fait vingt mètres de diamètre et s’élève à plus de 90 mètres du sol. Lors du tremblement de terre de 1989, il s’est décalé de plus de 10 centimètres de sa base. Je vous rassure, depuis, des travaux ont été entrepris afin de le consolider. On ne sait jamais !

Alamo Square et ses maisons victoriennes

Ensuite, on tourne à droite sur McAllister Street puis, en passant par Gough Street, on grimpe Grove Street pour déboucher sur le parc d’Alamo Square. On y est déjà ! Allez, tout le monde descend pour la séance photos !

Ce qu’on remarque d’abord, c’est que c’est une des vues les plus connues de San Francisco, illustrant parfaitement le contraste de cette ville de tradition et de modernité. Depuis cette colline, on aperçoit la Transamerica Pyramid, la Cathedral of Saint Mary of the Assumption, les buildings du Financial District, le Golden Gate Bridge et le Bay Bridge. Et bien entendu, distante d’un kilomètre et demi à peine, la coupole de la mairie est également bien visible. Cela pour la partie moderne.

San Francisco, ville de tradition et de modernité : les Painted Ladies et, en arrière-plan, 
la cathédrale, la Transamerica Pyramidles et les gratte-ciel du Financial District

Mais surtout, il y a ici une rangée de sept maisons à l’architecture victorienne typique, construites entre 1892 et 1896 et surnommées les Painted Ladies (Dames peintes) en raison de leurs couleurs vives pour certaines ou pastel, comme ici. On les voit souvent au premier plan des vues (Postcard Row) et des médias vantant San Francisco ou comme décor au cinéma.

C’est le cas dans plus de 40 films, séries télévisées et publicités. Le 710 Steiner Street fait ainsi partie d’un des lieux de tournage du film policier The Dead Pool (L’inspecteur Harry est la dernière cible). La série télévisée Full House en est un autre exemple. La maison la plus à gauche, au 722, a été construite par Matthew Kavanaugh en 1892. Elle a failli, comme ses sœurs, être démolie en 1976 avant d’être finalement (et fort heureusement) restaurée. Ouf ! En 1997, le 712 Steiner Street (la deuxième maison à droite) a été nommée « Meilleure Painted House en Amérique ».

Vue depuis Alamo Square, la cathédrale St Mary, en forme de cloche, construite en 1970 (au centre)

Ce type de maison s’est développé pendant l’ère victorienne, tout particulièrement aux États-Unis. Les maisons sont généralement construites en bois de séquoia, ce qui les a préservées de l’incendie qui a suivi le tremblement de terre de 1906. Elles comportent généralement trois étages, une tour et un porche.

San Francisco est l’une des villes où l’on trouve le plus de maisons victoriennes. Ainsi entre 1849 et 1915, quelques 48 000 maisons ont été construites, d’abord de l’époque victorienne (jusqu’à la mort de la reine Victoria en 1901) puis nommée édouardienne par la suite. Il en resterait aujourd’hui environ une dizaine de milliers.

Maison victorienne sur Hermann Street

Je vous ai présenté précédemment quelques-unes de ces fameuses maisons peintes de San Francisco, aperçues lors de nos différents trajets dans la ville. Certaines ont déjà plus de 150 ans, et pourtant elles sont encore bien conservées et toutes pimpantes. Elles sont souvent de trois couleurs, ou plus, afin de souligner et d’embellir les détails architecturaux. Le terme qui les désigne a été employé la première fois en 1978 dans le livre Painted Ladies – San Francisco’s Resplendent Victorians des écrivains Elizabeth Pomada et Michael Larsen (voir leur site : Painted Ladies).

Pendant les deux dernières guerres mondiales, beaucoup de ces maisons avaient été peintes en gris, avec les surplus de peinture de la marine de guerre. En 1963, un artiste Butch Kardum a eu l’idée de repeindre sa maison en bleu et vert vifs. Il a d’abord été critiqué, jusqu’au moment où des voisins ont commencé à l’imiter… Puis d’autres artistes ont continué sur cette lancée, et dans les années 1970, un mouvement coloriste est apparu qui se poursuit avec succès de nos jours.

D’autres maisons peintes sur Church Street

Je parle, je parle, mais je n’oublie pas que nous avons un avion à prendre tout à l’heure. Nous ne pouvons donc pas trop nous attarder. Fort heureusement, il y a encore de la place sur les cartes mémoire… Souvenirs, souvenirs… Et voilà, on pourra dire maintenant qu’on y est allé !

Nous reprenons ainsi le bus pour aller visiter un autre quartier. À tout de suite…

Cet article a 7 commentaires

  1. Qu'est ce qu'elles sont belles ces maisons ! elles ont un tres beau style… eh bien ça faisait un moment que je n'étais passée te voir, j'ai eu quelques problemes…maintenant ça va un peu mieux, du moins je fais tout pour que ça aille, je le dois à ma petite puce ! sinon j'espere que tu vas bien, je te souhaite une bonne journée denis, tendres bisous, joana

  2. Superbe visite mais tu m'as trop fait marcher suis sur les rotules moi! rire!

    1. C'est vrai, je le reconnais, les visites se déroulent selon un rythme assez soutenu. Mais le but c'est d'en voir un maximum dans un laps de temps somme toute assez court. C'est donc un peu du concentré, mais enfin, on a tenu bon… Et, en plus, on serait prêt à recommencer. 🙂

      Et c'est pour cela que je vous laisse un peu de temps à chaque fois pour vous reposer, entre deux visites…

      Ceci dit, content que cela vous plaise.
      A très bientôt…

  3. Tout à fait la maison de mes rêves !
    Je m'y vois…Bon allez fini de rêver, j'entends crier "Famine !"

    Bizzzz je file Merci Denis pour le voyage

    1. Bienvenue à toi Bulle !

      Et crois-moi, tu as parfaitement le droit de rêver ! Ça fait toujours du bien de s'évader un peu.

      N'hésite pas à revenir, tu as ma permission !

      Bisous.

      PS : et merci pour tes dessins, à découvrir sans tarder pour ceux qui ne connaissent pas encore (y en a-t-il ?)

  4. Cc denis
    elles sont magnifiques ces maisons
    masion d erêve pour un atelier de dessin
    arffff je rêve lol
    bisouxxx
    Cyndy

    1. Coucou Cyndy !

      C'est vrai, tu as raison, c'est un vrai paradis pour les artistes.
      Tu serais sans aucun doute heureuse dans une de ces maisons peintes, d'autant plus qu'il y a, dans les environs, une palette de couleurs très riche, qui ferait le bonheur d'une artiste !

      Tu pourrais même peindre l'extérieur de la maison : Painted Ladies.

      Quand je dis que le rêve est un prélude au voyage…

      Merci de ton commentaire.
      Gros bisous.

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