Et voici une photo que je viens de retrouver dans mes « tiroirs »… prête à publier depuis deux ans, jour pour jour. Mais il n’est jamais trop tard.

Aujourd’hui, ce n’est pas vraiment le même temps, je pense qu’avec ce grand vent, ces roseaux doivent être bien pliés. Tiens, cela me rappelle une fable, mais ceci est une autre histoire…

En attendant, ces roseaux communs, répondant aussi au charmant nom latin de Phragmites australis, étaient autrefois utilisés pour couvrir les toitures. On les retrouve de nos jours principalement sur le bord des étangs et autres eaux calmes. Son inflorescence est reconnaissable par son caractère unilatéral et assez dense.

Ne t’envole pas, reviens vite !

Le chêne et le roseau

Le chêne un jour dit au roseau :

« N’êtes-vous pas lassé d’écouter cette fable ?
La morale en est détestable;
Les hommes bien légers de l’apprendre aux marmots.
Plier, plier toujours, n’est-ce pas déjà trop
Le pli de l’humaine nature ? »

« Voire, dit le roseau, il ne fait pas trop beau ;
Le vent qui secoue vos ramures
(Si je puis en juger à niveau de roseau)
Pourrait vous prouver d’aventure,
Que nous autres, petites gens,
Si faibles, si chétifs, si humbles, si prudents,
Dont la petite vie est le souci constant,
Résistons pourtant mieux aux tempêtes du monde
Que certains orgueilleux qui s’imaginent grands. »

Le vent se lève sur ces mots, l’orage gronde.
Et le souffle profond qui dévaste les bois,
Tout comme la première fois,
Jette le chêne fier qui le narguait par terre.

« Hé bien, dit le roseau, le cyclone passé
– Il se tenait courbé par un reste de vent –
Qu’en dites-vous donc mon compère ?
(Il ne se fût jamais permis ce mot avant.)
Ce que j’avais prédit n’est-il pas arrivé ? »

On sentait dans sa voix sa haine
Satisfaite. Son morne regard allumé.
Le géant, qui souffrait, blessé,
De mille morts, de mille peines,
Eut un sourire triste et beau
Et, avant de mourir, regardant le roseau,
Lui dit : « Je suis encore un chêne ».

Jean ANOUILH (1962

Cet article a 6 commentaires

  1. Coucou
    Vu ce vent, il faut être solidement accroché à notre support pour ne pas partir sans contrôle.
    Bon dimanche Den’

    1. Coucou,
      Tu as raison. Bon, aujourd’hui, il y a beaucoup moins de vent, ça va mieux, ouf !
      Bon dimanche, Evy.

  2. Ah oui samedi ça soufflait méchamment ici aussi !
    Plein de bisous

    1. Ce vent chasse les nuages, mais… il en ramène d’autres.
      Plein de bisous.

  3. Et avec ce violent vent, le chêne derrière chez moi est tombé, j’ai eu mal au cœur….
    Ici aussi il y a pas de ces roseaux qui eux au moins résistent !

    1. C’est triste, oui, un chêne à terre, je suis entièrement d’accord avec toi.
      Avec ce vent, c’est hélas difficile de lutter.

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